J’ai toujours été aux prises avec un genre de sentiment mi-figue mi-raisin auquel certains pourront certainement s’identifier. Un genre de peur mélancolique et hyperactive me faisant craindre le fait de ne pas avoir assez de travail tout autant que le fait d’en avoir trop : le paradoxe le plus total.

L’été dernier, premier de ma vie de travailleuse autonome, je travaillais sur un gros projet, ce qui a fait en sorte que je ne perçoive pas de réelle baisse, due aux vacances ou au ralentissement estival normal. Cet été, par contre, ce n’était pas le cas. Mi-juillet, je me suis mise à me demander si mes clients m’avaient oubliée – je n’avais pas reçu de courriels ni d’appels dans les derniers 24 h, genre – et si mon entreprise allait couler, imploser, fondre, ou je ne sais pas trop quoi. Puis, j’ai parlé à un de mes clients qui m’a dit : « Lucie, profites-en pour prendre le temps, ça ne t’arrivera pas souvent ». Eh bien, cet été fut l’été où j’ai décidé d’arrêter de capoter.

Ça dépend du type d’entrepreneur et d’individu que l’on est, certes. Je suis assez expressive, extravertie, j’intellectualise à peu près tout, même ma liste d’épicerie. Qu’à cela ne tienne, malgré la crainte qui surgit lorsqu’on a moins de boulot, qu’on a enfin du temps pour respirer, pourquoi ne pas juste en profiter. Le quotidien comme entrepreneur est, au bas mot, instable. On a des enfants ou pas, un chat, un chien, des amis, de beaux projets personnels, que l’on néglige parfois. Au lieu de se laisser submerger par l’impression qu’on tire d’la patte, qu’on a perdu la main et qu’on est FINI, on peut prendre le temps et s’occuper d’eux, pour vrai, sans stress. On peut s’asseoir et faire notre paperasse tranquille, sans avoir l’impression de « botcher » cette partie (oh combien SUPRA importante) de notre entreprise. On peut penser à ce qu’on a accompli, à où on s’en va, avec tout ça. Avec tout ça… avec la vie qui va vite et qui, pour une fois, ralentit.

Je suis entourée de gens passionnés par leur travail, beaucoup qui sont entrepreneurs, d’autres non. Je suis soutenue par une famille et des amis qui croient en moi et en ce que je fais. Je gère mon stress comme je peux, je trouve des trucs même. Je vais toujours me sentir vraiment très concernée par les fluctuations de ma business, je ferai sûrement jamais de yoga, de power yoga, de hot yoga ou toute autre forme de yoga, parce que j’ai jamais été capable de canaliser ma concentration dans quelque chose de récréatif… MAIS, je crois que j’ai appris à prendre les choses plus à la légère et à voir le temps qui passe, pas comme un gros délai de livraison sans fin, mais comme une plage horaire où je dois laisser de la place à moi, à lui pis à l’autre… à ce qui est tout aussi important que ma job.

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