Comment devenir traducteur ou traductrice, mon humble parcours!

J’avais envie aujourd’hui, en ce beau jour frisquet d’octobre, je vous partager mon parcours. La chemin a été plutôt long pour moi avant de réaliser que la profession de traductrice m’était destinée. Je vous livre donc mon petit « HOW TO » ou Comment devenir traducteur ou traductrice.

D’abord, contextuellement parlant, ma mère a été d’abord éducatrice, puis enseignante. Chez-nous, les SI mangeaient définitivement les « RAIS »… ou « rait, raient…». Quoi que mon environnement familial était loin d’être contraignant à cet égard, j’ai été amenée assez tôt à me soucier de mon français parlé et écrit. Le fait est que ça ne m’a jamais semblé lourd ou difficile, j’adorais lire et j’avais un côté artistique qui teinte, d’ailleurs, aujourd’hui ma pratique.

Au terme de mon parcours collégial, je me suis toutefois posé TELLEMENT de questions quant à ce que je ferais « plus tard ». J’étais une élève dissipée certes, mais également assez consciencieuse et douée. Je ne connaissais ni d’Ève ni D’Adam la profession de traductrice à ce moment. J’ai étudié les communications, la linguistique, les langues…, sans jamais qu’une vive passion ne me soulève. Puis, j’ai eu CE COURS. Un cours universitaire, avec un professeur tellement hors normes. Il a su, du haut de son statut de polyglotte-citoyen-du-monde-émancipé, me dicter LA VOIE. À ce moment, j’étais enceinte (plus qu’enceinte rendue à 8 mois) et mon problème premier était que je désirais étudier en étant aussi maman.

J’ai fait mes recherches. Cette fois, la fameuse passion m’animait.

J’ai trouvé exactement ce qui allait faire de moi une traductrice. L’Université de Trois-Rivières (UQTR), offrait exactement ce dont j’avais besoin et selon la réalité qui m’était bien propre: un baccalauréat en ligne (entièrement et selon des modalités très précises, pas en mode « quand tu le veux bien », mais bien selon un horaire de cours semblable à ce qu’offre un programme universitaire en présentiel) d’une durée de trois ans et menant à l’obtention d’une formation complète.

Je jubilais.

J’ai donc complété cette superbe formation. LÀ, attention! Personne n’a dit qu’un baccalauréat en ligne ne demandait pas d’organisation, d’initiative, d’auto-motivation, de rigueur, de temps, d’ardeur…. PERSONNE! Ce fut un exercice de grande détermination. Quand on veut, on peut? C’est ça.

Toute chose étant relative, mon bac en ligne m’a permis de réaliser l’ampleur de mon aptitude à l’organisation et, de ce fait, j’ai décidé de devenir entrepreneure et traductrice à mon compte. Un conte de fée? Pas mal, dans mon cas.

La stabilité ne fait pas partie de mon quotidien, mais j’œuvre dans un domaine qui me nourrit chaque jour d’une immense satisfaction. Je fais ce que j’aime, tous les jours. J’ai surtout compris que tout est possible (cliché? Peut-être mais vrai) et que l’on doit seulement être attentif aux opportunités. Chacun a la chance de forger sa route de la manière qui lui convient. Le réseau scolaire du Québec (qu’il faut soutenir!) vous offre la chance d’étudier à moindre coût (par rapport à l’Australie, par exemple) et de moduler votre modèle éducatif. GO! Et surtout, il n’est – vraiment – jamais trop tard pour découvrir ce que l’on veut vraiment faire « quand on sera grand ».

Petits pièges pour grands traducteurs

La traduction est un art en soi. Le transfert d’un propos d’une langue à une autre requiert d’innombrables mécanismes tout aussi subtils qu’essentiels. Aussi, la traduction exige que l’on utilise une multitude de techniques qui visent toutes l’exactitude du rendu.  Parmi ces techniques, on retrouve le report, la remémoration, la création discursive, les correspondances et les équivalences, le dégagement du sens par les signes linguistiques et les compléments cognitifs, la modulation, etc. Autrement, il s’agit d’user de finesse et de savoir-faire. Un manque de l’un ou de l’autre ou un manque de connaissances quant aux techniques mentionnées tout à l’heure peut entraîner quelques embûches en cours de route. Survolons donc les petits pièges (tannants) pour grands traducteurs ainsi que la traduction, dans son ensemble.

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La traduction

Pour commencer, faisons un tri.

La traduction… S’initier à traduire c’est d’abord apprendre à lire un texte original avec les yeux d’un traducteur. Toute une gymnastique. Le traducteur repère les difficultés d’interprétation et de reformulation que le texte pose, de manière à pouvoir rechercher et établir des équivalences fonctionnelles. Il doit creuser des banques terminologiques, s’imposer une méthode de travail rigoureuse, réviser, réviser, réviser, relire…, il doit comprendre et créer à la fois. Son boulot ne se limite pas au transfert d’un texte d’une langue à une autre. Il doit transmettre le ton, le fond, la forme, le niveau de langue, … il doit mettre au monde une seconde œuvre qui puisse sembler originale, elle aussi.

La traduction a une super BFF, la localisation. La localisation, est une spécialisation très pointue de la traduction qui consiste à adapter le contenu à un auditoire dont les mœurs et les règles, la culture et l’origine, les habitudes et les croyances, sont toutes autres. L’effort de communication doit être précis et bien documenté, sans quoi, on peut réellement se retrouver dans le pétrin. L’exemple qui me vient concerne les jeux vidéo. L’utilisation des formules de politesse ou autres et tout ce qui concerne les équivalence est TRÈS VASTE, mais si les concepteurs ne veulent pas être inondés de plaintes, ils se doivent d’adapter le contenu à l’auditoire visé.

Une autre partenaire de choix de la traduction est l’adaptation. La ligne est ultra mince entre elles; les deux sont d’ailleurs hautement compatibles. Elles consistent toutes deux en un acte de communication original (original, oui, parce que l’on crée pour un système linguistique et culturel distinct dans les deux cas) et supposent aussi toutes deux une interprétation. L’adaptation peut, en fait, être vue comme une forme de traduction. Par exemple, comme je le mentionnais précédemment, les tournures idiomatiques, les jeux de mots, le discours et ses particularités sont incommensurablement propices à l’interprétation. Elles sollicitent l’imagination et le talent du traducteur en est la pierre angulaire en termes de compréhension et de cohérence. De ce fait, un des premiers apprentissages liés à la traduction est L’ADAPTATION, sous toutes ses formes.

Puis, trop souvent aussi, on distingue mal la différence entre la traduction et l’interprétariat. Celui qui traduit les documents écrits, c’est le traducteur. Celui qui traduit oralement, en direct, pour un individu ou un groupe d’individus, est un interprète.

Voilà pour un bref survol de la traduction et ses pairs.

Et les pièges, qu’en est-il? Lorsque l’on traduit, il n’est pas rare d’être confronté à certains éléments qui, s’ils ne sont pas contournés ou évités, peuvent grandement nuire à la qualité du texte d’arrivée.

Parmi ceux qui sont plutôt évidents, notons les anglicismes, les calques et les faux amis. Un exemple de faux ami serait « global » traduit par « global », en français tandis que l’on devrait plutôt lire planétaire ou mondial.

Les barbarismes, qui sont des mots forgés ou altérés. On notera le mot altéré « infractus » pour « infarctus », par exemple.

L’utilisation de clichés, c’est mal! L’expression « L’hiver a mis son grand manteau blanc » en est le parfait exemple.

Le contresens, le non-sens ou le faux sens. La litote entraîne parfois ce type d’erreurs. Un exemple de faux sens serait « a reasonable amount of stress » traduit par « une quantité raisonnable de stress » plutôt que par « une certaine dose de stress ».

L’étoffement. Il doit être utilisé lorsque la langue d’arrivée ne possède pas de correspondance avec la même autonomie que dans la langue de départ et ne consiste pas en une erreur. « Clockwise » devient ainsi « dans le sens des aiguilles d’une montre ». Par ailleurs, il faut que le traducteur fasse ses devoirs… Les ressources multiples d’une langue demeurent parfois insoupçonnées et force est d’admettre que certains traducteurs pourraient étoffer ainsi leur texte d’arrivée par manque de connaissance de la langue et de ses expressions propres.

Dans le même ordre d’idées, l’étoffement mène à l’explicitation, qui consiste à introduire des précisions sémantiques non formulées dans le texte de départ de manière à obtenir davantage de clarté. Dans certains cas, l’omission de l’explicitation mène à une sous-traduction.

La sous-traduction, pour sa part, résulte en une perte d’information ou de sens par rapport au texte de départ.

Il existe également la surtraduction, qui survient lorsque l’on écrit un élément qui est pourtant implicite. Traduire « no parking at any time » par « Stationnement interdit en tout temps » en est un bon exemple puisque « en tout temps » est totalement superflu.

L’omission (à distinguer de l’implicitation ou de la perte) est aussi une faute qui consiste à ne pas rendre, dans le texte d’arrivée, un élément du texte de départ, et ce, sans raison valable. On pourrait l’appeler « oubli », pour se donner bonne conscience, mais cette erreur se nomme bel et bien une omission.

Mauvaise utilisation de la dépersonnalisation : « As you enter the shop (…) » doit en principe devenir « En entrant dans l’atelier (…) », sans quoi l’aspect idiomatique est bafoué.

Il y en a TANT d’autres! …

C’est la raison pour laquelle il est important d’avoir recours aux services d’un professionnel de la traduction qui maîtrise ces concepts lorsque l’on désire faire traduire documents, ouvrages, ou autres. Un investissement payant et garant de la qualité du résultat obtenu!

Expressions, tournure idiomatique et autres coquetteries

J’adore les expressions et connaitre leur origine, j’adore également apprendre leur équivalence dans d’autres langues. Ai-je une vie? Oui, oui, même 9, comme les chats. Parlant de chats (vous ne croirez JAMAIS au lien que je m’apprête à faire), savez-vous d’où vient l’expression anglaise « It’s raining cats and dogs »? Aujourd’hui, un petit saut dans l’univers des expressions, tournures idiomatiques et autres coquetteries.

expressions
« It’s raining cats and dogs »

D’abord, voici pour répondre à la question en intro… Jadis, les maisons étaient faites de matériaux simples. Jusque-là, je ne perds personne avec mes leçons d’histoire? Ces mêmes maisons avaient des toits de paille, sans charpente de bois. Douillette et chaude, cette paille constituait le seul endroit où les animaux de petite taille pouvaient se blottir afin de passer confortablement la nuit. C’est donc dans la paille que rongeurs en tous genres, souris et autres adorables bêtes, même des chats (!), vivaient. Lorsqu’il pleuvait, la paille devenait glissante et notre joyeuse bande, se croyant à tort à l’abri de TOUT, glissait et se retrouvait, le plus souvent, dans la maison. On semblait donc voir pleuvoir des chiens (dans le rôle du rongeur) et des chats. Vous aurez sans doute maintenant un visuel très équivoque lorsque vous entendrez « it’s raining cats and dogs ».

Demeurons dans la coquetterie et jasons tournure idiomatique. Selon diverses sources, dont je vous fais un petit condensé, une expression idiomatique est une forme figée du discours. Les expressions idiomatiques sont toutes faites, fraîchement créées ou héritées de la tradition, elles sont parfois originales (dans leur forme ou par rapport aux règles normales de la langue). En somme, il s’agit d’une expression dont on ne peut pas déterminer le sens à partir des unités lexicales qui la composent.

Le cerveau, QUE J’AIME TANT, traite les expressions idiomatiques de deux façons. En psychologie cognitive, on distingue les modes de compréhension comme tel : comment intervient le contexte ET comment s’articulent, dans le lexique mental, les diverses représentations qui correspondent aux diverses interprétations de l’expression. OK, c’est un peu complexe. Le contexte, on aura compris sans peine qu’il s’agit de la culture, la langue, la situation, etc. Par contre, les représentations et les interprétations, elles, sont modulées par le caractère indirect des expressions idiomatiques. Tout comme lorsque l’on est sarcastique ou que l’on parle en utilisant des métaphores. L’ambiguïté est le défi #1 du cerveau. L’opposition du sens littéral et du sens figuré l’est tout autant. Oh là là, je pourrais vous en parler longuement!

Pour revenir à quelque chose de plus mardi-avant-midi-friendly, sans toutefois m’écarter de mon sujet initial, que sont les expressions, je vous ai fait une petite liste d’équivalences entre certaines expressions anglaises et françaises. Au passage, un ouvrage très intéressant de mon professeur d’université Monsieur Egan Valentine nommé Stylistique différentielle et Traduction, comporte une chapitre entier sur les processus de transfert et de transposition des expressions d’une langue à l’autre.

Voici pour la courte liste :

  • À qui le dis-tu? —————————————— You’re telling me;
  • Quand les poules auront des dents —————-  When pigs fly;
  • C’est tiré par les cheveux —————————–  It’s far-fetched;
  • Il n’est pas né de la dernière pluie ——————  There were no flies on him;
  • et tant d’autres, qui, on l’aura compris, nécessitent une bonne connaissance de la langue avant d’être maîtrisées et utilisées à bon escient.
« Quand les poules auront des dents »
« Quand les poules auront des dents »

Cela dit, la prochaine fois que vous parlerez avec un individu, un ami, un collègue ou toute autre personne pour qui le français n’est pas la langue maternelle, lancez-lui donc : « Cette histoire, ce n’est vraiment pas le Pérou; j’ai fait le pied de grue toute la journée pour m’apercevoir qu’ils étaient de mèche et que j’avais mis la charrue avant les bœufs en leur accordant, à mon grand dam, toute ma confiance. Je devrai changer mon fusil d’épaule, les envoyer paître au passage et, puisqu’on appelle un chat un chat, remettre le couvert. » et voyez sa réaction.

Écrire en s’adaptant.

Lorsque je décroche un contrat, de rédaction ou de traduction, une des premières étapes constitue à savoir à qui s’adresse le message ou la traduction en langue d’arrivée (« texte d’arrivée » ou « TA », que la traductrice dira, par opposition à « texte source »). Il est crucial d’écrire en s’adaptant, pas l’un après l’autre, mais bien l’un et l’autre à la fois, de telle sorte que le résultat soit parfaitement compris par les cibles.

La qualité de notre communication est déterminée non pas par la manière dont nous disons les choses, mais par la manière dont elles sont comprises. – Andrew Grove

Et ce principe, on le rencontre tous les jours, lorsqu’on doit parler/transiger avec des gens de culture différente, qu’on voyage, qu’on visite des sites web ayant été créés ailleurs, qu’on désire faire des achats… et qu’on finit avec une robe beaucoup trop petite…Bon, enfin, je m’éloigne du sujet, mais on reconnait que tout le principe communicationnel, même au quotidien, s’appuie sur des bases étroitement liées à l’adaptation. Adaptation qui mène, on l’aura compris, à la compréhension du message.

En traduction, ce principe d’adaptation porte un nom, il s’agit de la localisation. Certains en font même une spécialisation. Les applications sont extrêmement variées. Des jeux vidéos au marketing des produits alimentaires. Les erreurs engendrées par le manque de souci à cet égard sont également nombreuses et, ma foi, très drôles (les affaires de traductions erronées, blame it on the déformation professionnelle, ça me fait ben ben rire).

Alors de grâce, si vous devez importer un produit, offrir vos services outre-mer ou juste outre-frontière, que vous désirez faire affaire avec des gens qui parlent une autre langue et dont les mœurs divergent des vôtres, faites vos devoirs! D’abord, ayez une solide connaissance de vos cibles. Ensuite, faites appel aux services d’un individu qui sait jongler avec la langue et les expressions idiomatiques mieux que le gars du cirque avec ses quilles en feu. Les traducteurs sont là pour ça; pour rendre parfaitement votre message. Les rédacteurs sont là aussi; ils ont la capacité de choisir minutieusement les mots, les plus révélateurs, les plus vendeurs et, par dessus tout, les plus adaptés. Visez juste!