Lorsque l’on m’a demandé pour la première fois de rédiger un article pour le blogue d’une entreprise, j’en étais alors à mes débuts et je ne savais pas encore à quel point mes diverses formations, soit en traduction, en commercialisation de la mode, en communication et en marketing me seraient utiles. À ce moment-là, je croyais que seul mon don d’écriture mènerait la tâche à bien. Eh bien non, j’ai appris très vite que je devais établir un ton rédactionnel et atteindre la clientèle visée.
Écrire, point.
J’ai commencé par ÉCRIRE. Oui… écrire! Quelle erreur… Je me suis vite mise à tourner en rond puisque, bien que je connaissais très bien l’entreprise et ses dirigeants, leurs diverses implications et champs d’activité, je n’avais pas établi LE TON et, de ce fait, de quelle manière l’entreprise désirait dorénavant se positionner au niveau communicationnel face à ses clients et clients potentiels.
La portée
Retroussant mes manches, j’ai pris la tâche plus au sérieux. Cela dit, j’étais évidemment déjà hyper sérieuse et rigoureuse, c’était là un de mes premiers contrats, MAIS… je n’avais pas bien évalué l’ampleur de la portée et de l’importance de mes écrits pour cette entreprise.
La ligne éditoriale, donc devait être bien ciblée, bien garnie de termes propres au secteur de l’entreprise, elle devait contenir de l’information assez vulgarisée pour l’auditoire sans pour autant que les lecteurs aient l’impression de lire le compte-rendu de la journée à la garderie de leur enfant (!). Cette ligne directrice, en plus de tout ça, devait être empreinte de ce que souhaitait dégager l’entreprise. Souhaitait-elle être informelle dans ses écrits afin de se rapprocher de son public? L’entreprise voulait-elle dégager du professionnalisme en parlant de ses nombreux succès ou de ses nombreuses réalisations? … Tant de questions auxquelles je devais penser afin d’orienter mon texte.
Comprendre
Avec le temps et une gymnastique rigoureuse tant d’écriture que de lecture, j’ai compris que je devais être non seulement extrêmement à l’écoute, mais que « prendre la voix » de quelqu’un ou d’une entreprise demandait énormément de concentration, d’analyse et de compréhension.
Les individus et les PME, autant que les grosses boites qui confient leurs mandats de rédaction Web, la rédaction de leurs articles de blogue ou de tout autre écrit lié à leur entreprise ou leur profession font confiance… Et cette confiance doit être honorée par une grande exactitude empreinte d’une toute aussi grande humanité. Quel qu’ait été mon parcours, je dois, au quotidien, m’impliquer corps et âme et avec tout mon bagage de vie à livrer des écrits de grande qualité.
Livrer
Petit aparté (à distinguer de apartheid) : soyez humble. Beaucoup de gens savent écrire, moins de gens savent très bien écrire et encore moins savent écouter. Travailler dans le respect de l’opinion du client, de sa vision et de sa façon de concevoir son entreprise ou son travail est primordial. User de tact, de diplomatie, mènera vos écrits vers un niveau d’autant plus supérieur puisqu’ils auront été réalisés en toute collaboration avec son auteur et son idéateur.
J’avais envie aujourd’hui, en ce beau jour frisquet d’octobre, je vous partager mon parcours. La chemin a été plutôt long pour moi avant de réaliser que la profession de traductrice m’était destinée. Je vous livre donc mon petit « HOW TO » ou Comment devenir traducteur ou traductrice.
D’abord, contextuellement parlant, ma mère a été d’abord éducatrice, puis enseignante. Chez-nous, les SI mangeaient définitivement les « RAIS »… ou « rait, raient…». Quoi que mon environnement familial était loin d’être contraignant à cet égard, j’ai été amenée assez tôt à me soucier de mon français parlé et écrit. Le fait est que ça ne m’a jamais semblé lourd ou difficile, j’adorais lire et j’avais un côté artistique qui teinte, d’ailleurs, aujourd’hui ma pratique.
Au terme de mon parcours collégial, je me suis toutefois posé TELLEMENT de questions quant à ce que je ferais « plus tard ». J’étais une élève dissipée certes, mais également assez consciencieuse et douée. Je ne connaissais ni d’Ève ni D’Adam la profession de traductrice à ce moment. J’ai étudié les communications, la linguistique, les langues…, sans jamais qu’une vive passion ne me soulève. Puis, j’ai eu CE COURS. Un cours universitaire, avec un professeur tellement hors normes. Il a su, du haut de son statut de polyglotte-citoyen-du-monde-émancipé, me dicter LA VOIE. À ce moment, j’étais enceinte (plus qu’enceinte rendue à 8 mois) et mon problème premier était que je désirais étudier en étant aussi maman.
J’ai fait mes recherches. Cette fois, la fameuse passion m’animait.
J’ai trouvé exactement ce qui allait faire de moi une traductrice. L’Université de Trois-Rivières (UQTR), offrait exactement ce dont j’avais besoin et selon la réalité qui m’était bien propre: un baccalauréat en ligne (entièrement et selon des modalités très précises, pas en mode « quand tu le veux bien », mais bien selon un horaire de cours semblable à ce qu’offre un programme universitaire en présentiel) d’une durée de trois ans et menant à l’obtention d’une formation complète.
Je jubilais.
J’ai donc complété cette superbe formation. LÀ, attention! Personne n’a dit qu’un baccalauréat en ligne ne demandait pas d’organisation, d’initiative, d’auto-motivation, de rigueur, de temps, d’ardeur…. PERSONNE! Ce fut un exercice de grande détermination. Quand on veut, on peut? C’est ça.
Toute chose étant relative, mon bac en ligne m’a permis de réaliser l’ampleur de mon aptitude à l’organisation et, de ce fait, j’ai décidé de devenir entrepreneure et traductrice à mon compte. Un conte de fée? Pas mal, dans mon cas.
La stabilité ne fait pas partie de mon quotidien, mais j’œuvre dans un domaine qui me nourrit chaque jour d’une immense satisfaction. Je fais ce que j’aime, tous les jours. J’ai surtout compris que tout est possible (cliché? Peut-être mais vrai) et que l’on doit seulement être attentif aux opportunités. Chacun a la chance de forger sa route de la manière qui lui convient. Le réseau scolaire du Québec (qu’il faut soutenir!) vous offre la chance d’étudier à moindre coût (par rapport à l’Australie, par exemple) et de moduler votre modèle éducatif. GO! Et surtout, il n’est – vraiment – jamais trop tard pour découvrir ce que l’on veut vraiment faire « quand on sera grand ».
J’écris à propos des mots, de la hiérarchisation des textes aux fautes communes en traduction, en passant par la grammaire ou les tournures idiomatiques. Les mots sont porteurs de sens, ils nourrissent l’imaginaire et la culture… Ils demandent l’aide de nos sens, dont la vue… Ce soir je me pencherai sur un autre de nos sens qu’est l’odorat.
Nous nous sommes acheté une coquette maison, cet été. Mon bébé sent bon, ma grande fille tout autant, sans parler des savoureuses effluves de mon chum (voulez-vous vraiment que j’élabore?…) Je me suis demandé si ma maison, ma bien-aimée, un jour, sentirait comme Nous. Si elle allait s’imprégner, en plus de capter les plus beaux moments de ma vie, des odeurs qui la garnissent.
Pour l’instant, ça sent comme l’ancien proprio… quoiqu’il sentait visiblement « le propre », ça ne ressemble en rien aux douces effluves de ma maisonnée d’avant. J’avais plutôt perdu espoir, après trois semaines…
Mais voilà que le toupet plein de peinture (nouvelle maison = désir profond de peinturer), je me suis vue, humer longuement ma maison pour y retrouver la subtile odeur de mon fils, l’odeur irrésistible de ma fille, qui souvent se révèle lors de bisous dans son cou, l’odeur indescriptible de mon amoureux, très unique, partout autour de moi…. Je montais alors les escaliers, arrivée du sous-sol où l’on tente de peindre les murs d’une couleur qui nous ressemble. Peut-être était-ce l’effet de la grande disparité d’odeur: passer de l’odeur de peinture d’un sous-sol à l’odeur d’une maison dans laquelle on a fait cuire un savoureux souper peut sembler trompeur… qui sait! Mais qu’à cela ne tienne, j’ai finalement retrouvé l’empreinte odorante de ma vie. OLÉ.
Comme je l’ai dit, les mots portent le sens… l’histoire. Les odeurs, quant à elles, portent également l’histoire et le sens, le sens et le sentiment d’appartenir et de se souvenir…
Il faut prendre le temps de cultiver l’imaginaire tout autant que nos souvenirs, lisez et humez 😉
La traduction est un art en soi. Le transfert d’un propos d’une langue à une autre requiert d’innombrables mécanismes tout aussi subtils qu’essentiels. Aussi, la traduction exige que l’on utilise une multitude de techniques qui visent toutes l’exactitude du rendu. Parmi ces techniques, on retrouve le report, la remémoration, la création discursive, les correspondances et les équivalences, le dégagement du sens par les signes linguistiques et les compléments cognitifs, la modulation, etc. Autrement, il s’agit d’user de finesse et de savoir-faire. Un manque de l’un ou de l’autre ou un manque de connaissances quant aux techniques mentionnées tout à l’heure peut entraîner quelques embûches en cours de route. Survolons donc les petits pièges (tannants) pour grands traducteurs ainsi que la traduction, dans son ensemble.
La traduction
Pour commencer, faisons un tri.
La traduction… S’initier à traduire c’est d’abord apprendre à lire un texte original avec les yeux d’un traducteur. Toute une gymnastique. Le traducteur repère les difficultés d’interprétation et de reformulation que le texte pose, de manière à pouvoir rechercher et établir des équivalences fonctionnelles. Il doit creuser des banques terminologiques, s’imposer une méthode de travail rigoureuse, réviser, réviser, réviser, relire…, il doit comprendre et créer à la fois. Son boulot ne se limite pas au transfert d’un texte d’une langue à une autre. Il doit transmettre le ton, le fond, la forme, le niveau de langue, … il doit mettre au monde une seconde œuvre qui puisse sembler originale, elle aussi.
La traduction a une super BFF, la localisation. La localisation, est une spécialisation très pointue de la traduction qui consiste à adapter le contenu à un auditoire dont les mœurs et les règles, la culture et l’origine, les habitudes et les croyances, sont toutes autres. L’effort de communication doit être précis et bien documenté, sans quoi, on peut réellement se retrouver dans le pétrin. L’exemple qui me vient concerne les jeux vidéo. L’utilisation des formules de politesse ou autres et tout ce qui concerne les équivalence est TRÈS VASTE, mais si les concepteurs ne veulent pas être inondés de plaintes, ils se doivent d’adapter le contenu à l’auditoire visé.
Une autre partenaire de choix de la traduction est l’adaptation. La ligne est ultra mince entre elles; les deux sont d’ailleurs hautement compatibles. Elles consistent toutes deux en un acte de communication original (original, oui, parce que l’on crée pour un système linguistique et culturel distinct dans les deux cas) et supposent aussi toutes deux une interprétation. L’adaptation peut, en fait, être vue comme une forme de traduction. Par exemple, comme je le mentionnais précédemment, les tournures idiomatiques, les jeux de mots, le discours et ses particularités sont incommensurablement propices à l’interprétation. Elles sollicitent l’imagination et le talent du traducteur en est la pierre angulaire en termes de compréhension et de cohérence. De ce fait, un des premiers apprentissages liés à la traduction est L’ADAPTATION, sous toutes ses formes.
Puis, trop souvent aussi, on distingue mal la différence entre la traduction et l’interprétariat. Celui qui traduit les documents écrits, c’est le traducteur. Celui qui traduit oralement, en direct, pour un individu ou un groupe d’individus, est un interprète.
Voilà pour un bref survol de la traduction et ses pairs.
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Et les pièges, qu’en est-il? Lorsque l’on traduit, il n’est pas rare d’être confronté à certains éléments qui, s’ils ne sont pas contournés ou évités, peuvent grandement nuire à la qualité du texte d’arrivée.
Parmi ceux qui sont plutôt évidents, notons les anglicismes, les calques et les faux amis. Un exemple de faux ami serait « global » traduit par « global », en français tandis que l’on devrait plutôt lire planétaire ou mondial.
Les barbarismes, qui sont des mots forgés ou altérés. On notera le mot altéré « infractus » pour « infarctus », par exemple.
L’utilisation de clichés, c’est mal! L’expression « L’hiver a mis son grand manteau blanc » en est le parfait exemple.
Le contresens, le non-sens ou le faux sens. La litote entraîne parfois ce type d’erreurs. Un exemple de faux sens serait « a reasonable amount of stress » traduit par « une quantité raisonnable de stress » plutôt que par « une certaine dose de stress ».
L’étoffement. Il doit être utilisé lorsque la langue d’arrivée ne possède pas de correspondance avec la même autonomie que dans la langue de départ et ne consiste pas en une erreur. « Clockwise » devient ainsi « dans le sens des aiguilles d’une montre ». Par ailleurs, il faut que le traducteur fasse ses devoirs… Les ressources multiples d’une langue demeurent parfois insoupçonnées et force est d’admettre que certains traducteurs pourraient étoffer ainsi leur texte d’arrivée par manque de connaissance de la langue et de ses expressions propres.
Dans le même ordre d’idées, l’étoffement mène à l’explicitation, qui consiste à introduire des précisions sémantiques non formulées dans le texte de départ de manière à obtenir davantage de clarté. Dans certains cas, l’omission de l’explicitation mène à une sous-traduction.
La sous-traduction, pour sa part, résulte en une perte d’information ou de sens par rapport au texte de départ.
Il existe également la surtraduction, qui survient lorsque l’on écrit un élément qui est pourtant implicite. Traduire « no parking at any time » par « Stationnement interdit en tout temps » en est un bon exemple puisque « en tout temps » est totalement superflu.
L’omission (à distinguer de l’implicitation ou de la perte) est aussi une faute qui consiste à ne pas rendre, dans le texte d’arrivée, un élément du texte de départ, et ce, sans raison valable. On pourrait l’appeler « oubli », pour se donner bonne conscience, mais cette erreur se nomme bel et bien une omission.
Mauvaise utilisation de la dépersonnalisation : « As you enter the shop (…) » doit en principe devenir « En entrant dans l’atelier (…) », sans quoi l’aspect idiomatique est bafoué.
Il y en a TANT d’autres! …
C’est la raison pour laquelle il est important d’avoir recours aux services d’un professionnel de la traduction qui maîtrise ces concepts lorsque l’on désire faire traduire documents, ouvrages, ou autres. Un investissement payant et garant de la qualité du résultat obtenu!
J’adore les expressions et connaitre leur origine, j’adore également apprendre leur équivalence dans d’autres langues. Ai-je une vie? Oui, oui, même 9, comme les chats. Parlant de chats (vous ne croirez JAMAIS au lien que je m’apprête à faire), savez-vous d’où vient l’expression anglaise « It’s raining cats and dogs »? Aujourd’hui, un petit saut dans l’univers des expressions, tournures idiomatiques et autres coquetteries.
« It’s raining cats and dogs »
D’abord, voici pour répondre à la question en intro… Jadis, les maisons étaient faites de matériaux simples. Jusque-là, je ne perds personne avec mes leçons d’histoire? Ces mêmes maisons avaient des toits de paille, sans charpente de bois. Douillette et chaude, cette paille constituait le seul endroit où les animaux de petite taille pouvaient se blottir afin de passer confortablement la nuit. C’est donc dans la paille que rongeurs en tous genres, souris et autres adorables bêtes, même des chats (!), vivaient. Lorsqu’il pleuvait, la paille devenait glissante et notre joyeuse bande, se croyant à tort à l’abri de TOUT, glissait et se retrouvait, le plus souvent, dans la maison. On semblait donc voir pleuvoir des chiens (dans le rôle du rongeur) et des chats. Vous aurez sans doute maintenant un visuel très équivoque lorsque vous entendrez « it’s raining cats and dogs ».
Demeurons dans la coquetterie et jasons tournure idiomatique. Selon diverses sources, dont je vous fais un petit condensé, une expression idiomatique est une forme figée du discours. Les expressions idiomatiques sont toutes faites, fraîchement créées ou héritées de la tradition, elles sont parfois originales (dans leur forme ou par rapport aux règles normales de la langue). En somme, il s’agit d’une expression dont on ne peut pas déterminer le sens à partir des unités lexicales qui la composent.
Le cerveau, QUE J’AIME TANT, traite les expressions idiomatiques de deux façons. En psychologie cognitive, on distingue les modes de compréhension comme tel : comment intervient le contexte ET comment s’articulent, dans le lexique mental, les diverses représentations qui correspondent aux diverses interprétations de l’expression. OK, c’est un peu complexe. Le contexte, on aura compris sans peine qu’il s’agit de la culture, la langue, la situation, etc. Par contre, les représentations et les interprétations, elles, sont modulées par le caractère indirect des expressions idiomatiques. Tout comme lorsque l’on est sarcastique ou que l’on parle en utilisant des métaphores. L’ambiguïté est le défi #1 du cerveau. L’opposition du sens littéral et du sens figuré l’est tout autant. Oh là là, je pourrais vous en parler longuement!
Pour revenir à quelque chose de plus mardi-avant-midi-friendly, sans toutefois m’écarter de mon sujet initial, que sont les expressions, je vous ai fait une petite liste d’équivalences entre certaines expressions anglaises et françaises. Au passage, un ouvrage très intéressant de mon professeur d’université Monsieur Egan Valentine nommé Stylistique différentielle et Traduction, comporte une chapitre entier sur les processus de transfert et de transposition des expressions d’une langue à l’autre.
Voici pour la courte liste :
À qui le dis-tu? —————————————— You’re telling me;
Quand les poules auront des dents —————- When pigs fly;
C’est tiré par les cheveux —————————– It’s far-fetched;
Il n’est pas né de la dernière pluie —————— There were no flies on him;
et tant d’autres, qui, on l’aura compris, nécessitent une bonne connaissance de la langue avant d’être maîtrisées et utilisées à bon escient.
« Quand les poules auront des dents »
Cela dit, la prochaine fois que vous parlerez avec un individu, un ami, un collègue ou toute autre personne pour qui le français n’est pas la langue maternelle, lancez-lui donc : « Cette histoire, ce n’est vraiment pas le Pérou; j’ai fait le pied de grue toute la journée pour m’apercevoir qu’ils étaient de mèche et que j’avais mis la charrue avant les bœufs en leur accordant, à mon grand dam, toute ma confiance. Je devrai changer mon fusil d’épaule, les envoyer paître au passage et, puisqu’on appelle un chat un chat, remettre le couvert. » et voyez sa réaction.
Je déménage. Comme dans « présentement, je suis en plein déménagement ». J’avais un peu de temps ce matin (mon bébé réveillé à 5 h me laisse beaucoup de « temps » le matin) et j’ai, en procrastinant au sujet des boites et autres choses passionnantes que j’aurais dû accomplir, poursuivi ma lecture d’articles et d’extraits d’ouvrages sur le cerveau, l’imagination, la lecture et autres trucs très à la mode.
Gymnastique de cerveau
Je ne reviendrai pas là dessus très longuement, mais écrire avec adresse naît le plus souvent d’une bonne gymnastique de lecture. De plus – et je vous assure que j’adorerais que ce soit vrai dans mon cas – la lecture développe la patience. Neil Postman, spécialiste en communication écrivait d’ailleurs : « (…) les phrases, les paragraphes et les pages se déroulent lentement, à tour de rôle, et selon une logique qui est loin d’être intuitive. Le lecteur doit donc, par l’interprétation, la comparaison, l’évaluation et la mise en relation, construire sa lecture de telle sorte que chaque page devienne le pilier des suivantes. »
Par ailleurs et soyez-en certain, la lecture effectuée de manière régulière et assidue développe l‘endurance à l’effort; nul ne peut rester passif sur le plan intellectuel lorsqu’il lit. La lecture engendre une foule de mécanismes cognitifs qui permettent l’important (et nécessaire) travail de compréhension et de conceptualisation. Par cela, j’entends également le déploiement inégalé de l’imagination. Einstein, à qui l’on avait demandé d’où provenait sa pensée scientifique, avait répondu :
« …certains signes et des images plus ou moins claires qui peuvent être volontairement reproduits ou combinés. »
À mon sens, il s’agit d’une définition que l’on pourrait tout autant attribuer à l’imagination.
Pourtant longtemps négligée par la science cognitive, l’imagination fait l’objet d’une multitudes de recherches. Il s’agit d’un mécanisme complexe, un peu nébuleux, qui suscite non pas un seul hémisphère ou une unique partie du cerveau, mais bien l’interaction entre plusieurs éléments. Il s’agit là d’une théorie, aussi difficile soit-elle à prouver, qui se nomme « la théorie de l’espace de travail mental ».
Short story long, la lecture est un des meilleurs entraînements pour le cerveau, elle l’active, le nourrit de manière continue, l’aide à créer, le rend plus souple et fort.
Lisez, surtout si vous écrivez. Lisez, tout court.
Lorsque je décroche un contrat, de rédaction ou de traduction, une des premières étapes constitue à savoir à qui s’adresse le message ou la traduction en langue d’arrivée (« texte d’arrivée » ou « TA », que la traductrice dira, par opposition à « texte source »). Il est crucial d’écrire en s’adaptant, pas l’un après l’autre, mais bien l’un et l’autre à la fois, de telle sorte que le résultat soit parfaitement compris par les cibles.
La qualité de notre communication est déterminée non pas par la manière dont nous disons les choses, mais par la manière dont elles sont comprises. – Andrew Grove
Et ce principe, on le rencontre tous les jours, lorsqu’on doit parler/transiger avec des gens de culture différente, qu’on voyage, qu’on visite des sites web ayant été créés ailleurs, qu’on désire faire des achats… et qu’on finit avec une robe beaucoup trop petite…Bon, enfin, je m’éloigne du sujet, mais on reconnait que tout le principe communicationnel, même au quotidien, s’appuie sur des bases étroitement liées à l’adaptation. Adaptation qui mène, on l’aura compris, à la compréhension du message.
En traduction, ce principe d’adaptation porte un nom, il s’agit de la localisation. Certains en font même une spécialisation. Les applications sont extrêmement variées. Des jeux vidéos au marketing des produits alimentaires. Les erreurs engendrées par le manque de souci à cet égard sont également nombreuses et, ma foi, très drôles (les affaires de traductions erronées, blame it onthe déformation professionnelle, ça me fait ben ben rire).
Alors de grâce, si vous devez importer un produit, offrir vos services outre-mer ou juste outre-frontière, que vous désirez faire affaire avec des gens qui parlent une autre langue et dont les mœurs divergent des vôtres, faites vos devoirs! D’abord, ayez une solide connaissance de vos cibles. Ensuite, faites appel aux services d’un individu qui sait jongler avec la langue et les expressions idiomatiques mieux que le gars du cirque avec ses quilles en feu. Les traducteurs sont là pour ça; pour rendre parfaitement votre message. Les rédacteurs sont là aussi; ils ont la capacité de choisir minutieusement les mots, les plus révélateurs, les plus vendeurs et, par dessus tout, les plus adaptés. Visez juste!
L’individu à la tête d’une firme comptable est fort probablement assez hot en comptabilité, la styliste qui a ouvert son salon de coiffure sait certainement faire des mèches dignes de ce nom et le gars qui gosse du bois depuis son enfance et qui démarre son entreprise en menuiserie artisanale sait assurément distinguer le merisier du chêne….
Toutes ces personnes de talent sont parmi les meilleures dans ce qu’elles font, mais quand vient le temps de communiquer leur passion, par écrit, sur leur site web, c’est un tout autre défi. Puisque l’on sait que les blogues sont, en 2015, un moyen ultra-efficace d’optimiser sa visibilité sur Internet, il va de soi qu’un entrepreneur veuille tirer son épingle du jeu en créant son propre blogue corporatif.
Le blogue est un site Web personnel tenu par un ou plusieurs blogueurs qui s’expriment librement et selon une certaine périodicité, sous la forme de billets ou d’articles, informatifs ou intimistes, datés, à la manière d’un journal de bord, signés et classés par ordre antéchronologique, parfois enrichis d’hyperliens, d’images ou de sons, et pouvant faire l’objet de commentaires laissés par les lecteurs.
Une petite (mais lucrative) branche du blogue est le blogue corporatif. Par le biais de ce dernier, vous pourrez non seulement écrire (ou faire écrire; de là mon boulot ) des articles à publier dans le temps, mais également partager votre expertise ou votre savoir lié à un domaine en particulier (l’instructeur de kayak avec un excès de zèle parlera de l’observation eco-friendly des baleines à Tadoussac, de la fois qu’il a joué du Radio Radio à la guitare acoustique, ou…), vous bénéficierez également d’un espace virtuel pour interagir avec vos clients actuels ou potentiels, d’une façon directe mais aussi plutôt libre. Par « libre », je sous-entends qu’on se trouve ici à mille lieues de l’intrusif porte-à-porte.
C’est cette interaction, cet échange, cette vitrine qui, espérons-le, mènera vers la conversion des lecteurs/visiteurs en clients, fidélisera tout ce beau monde à votre marque ou à votre entreprise ou tout simplement qui agira comme incitatif à visiter votre site.
Et là, on n’a pas encore abordé la notion de stratégie rédactionnelle ou de contenu, le référencement, la fréquence, …à suivre…
Accumuler les baccalauréats, les certificats, les figurines de chat…
Accumuler les formations augmente certes les chances d’être reconnu comme bon langagier. Tout ce qui touche à la littérature, même dans une langue seconde, constitue une voie louable vers tous les boulots en écriture, tenons-nous le pour dit. Par contre, il ne s’agit pas réellement de ce qu’il faut pour écrire.
Pour écrire, il faut des idées et de l’imagination… démesurément débordante, même.
Pour écrire, pour les autres, il faut comprendre ce qu’ils veulent.
Pour écrire, il faut être assez sensible pour déceler les nuances.
Pour écrire, il faut lire, lire, lire… lire beaucoup et des ouvrages variés.
Par ailleurs, si je retourne au deuxième point, lorsque l’on souhaite écrire pour les autres, mettre des mots sur leurs idées, leurs concepts, il faut écouter.
Écrire, lire, comprendre, écouter, tout ça semble assez simple, mais ce sont souvent les principes les plus simples qui deviennent les plus difficiles à appliquer.
Dans le même ordre d’idées (et parce que j’aime les trucs relatifs au cerveau au point d’avoir suivi plein de cours non-obligatoires à son sujet… folle de même!), le cerveau possède une merveilleuse capacité nommée la plasticité cérébrale, qui fait en sorte que chaque apprentissage, chaque expérience mène à la création de nouvelles connexions, pour qu’ensuite tout effort cérébral plus ou moins semblable soit optimisé.
Et si, une fois de plus, vous désirez écrire pour les autres, sachez que l’on vous engagera afin d’obtenir des textes de type « haute voltige » en termes de qualité de la langue et de rigueur dans le propos, soyez prêt! En attendant, encore et toujours, lisez, écrivez, écoutez et apprenez….
OK, OK, OK, un peu d’humeur en ce beau Jeudredi 13.
Le jour où j’ai réalisé que parler beaucoup, offrir une tempête de mots (le plus souvent vides de sens) ou placer le plus d’idées possible dans une même phrase ne servaient à rien, j’ai également appris à quel point réfléchir à ses idées ou à ses opinions (ce qu’on appelle aussi « tourner sa langue 7 fois dans sa bouche avant de parler »), de manière à les communiquer avec les mots justes, était PUISSANT.
« La culture, c’est comme la confiture : moins t’en as, plus tu l’étends… ». Lorsque l’on n’a rien à dire, c’est assez fréquent d’opter pour une multitude de grandes phrases ou de mots issus du jargon entrepreneurial, par exemple. Résultat: personne n’y comprendra rien et vous perdrez de la crédibilité.
Par contre, si vous avez de bonnes idées, une entreprise géniale, un produit révolutionnaire, ou toute autre chose à communiquer au monde entier, sachez que LESS IS MORE, et que le meilleur moyen sera toujours de viser juste et d’opter pour une stratégie sans trop de dentelle.
OK, là, c’est le moment où vous comprenez le but de mon texte.
En rédaction web, c’est pareil.
Le contenu, pour être bien lu et bien compris ET de manière rapide par les lecteurs, doit être hiérarchisé. Il doit également être placé en phrases assez courtes et constituées de mots clairs. Les idées doivent être séparées en petits paragraphes et de façon à ce que l’on puisse éviter toute lourdeur.
Les éléments à retenir et qui devraient caractériser votre contenu sont les suivants :
Pertinence
Identification facile par les moteurs de recherche
Mise à jour
Organisation
Par ailleurs, les gens ne lisent pas vraiment le contenu web, ils le scannent. Les titres doivent donc être choisis avec soin si l’on veut que tout effort esthétique (design, applications, etc.) soit récompensé.
En définitive, laissez tomber le flafla et optez pour un site version « droit-au-but »!